Capitaine Charles Beauvais

Sources et bibliographie : à son sujet, on consultera son dossier militaire au SHD sous la cote 6 Yf 82749 et son dossier de la Légion d’honneur sous la cote : LH/158/37.

Philippe Oriol

Musée de Bretagne

Beauvais, Charles, Louis, Rémi, militaire français, né à Bailleul (Nord) le 30 avril 1855*, décédé à Pontoise le 3 avril 1932.

Polytechnicien (1876), Beauvais, après être passé par l’École d’application de l’artillerie et du génie (1878), avait été nommé capitaine d’artillerie en 1888. En poste au 7e régiment d’artillerie à Rennes, il avait été appelé à faire partie du conseil de guerre appelé à juger Dreyfus en 1899 après l’arrêt de cassation du procès de 1894.
Considéré par les dreyfusards, avec ses collègues Profillet et Merle, comme « absolument inintelligen[t] », peut-être savait-il un peu plus « de l’affaire que ce que la Libre Parole et l’Intransigeant en ont dit » (lettre de Victor Basch à Joseph Reinach du 30 juin 1899 dans Basch, Le Deuxième Procès Dreyfus. Rennes dans la tourmente. Correspondances, Paris, Berg international, 2003, p. 81). Toutefois, il est sûr qu’il tenta d’en savoir plus sur le « bordereau annoté » dont les deux journaux s’étaient fait les vecteurs de la légende. Ainsi avait-il, au cours des débats, posé des questions qui ne pouvaient avoir trait à autre chose à la veuve Henry (voir Oriol, p. 975-977) et avait-il eu, avec Paléologue, une conversation sur le sujet après la publication de l’article du Gaulois qui exhortait Mercier à tout dire à son propos (Paléologue, p. 217-218).
À en croire Barrès, qui le tenait de Paul Girard, délégué pour le Maine-et-Loire et la Ligue de la patrie française et ami de Beauvais, le juge aurait reçu des lettres anonymes « pendant toute la durée du procès » et aurait été l’objet, de la part de Jouaust, président du conseil de guerre, de pressions pour montrer plus de modération et moins d’animosité à l’égard de Dreyfus dans les questions qu’il posait. Selon cette même source, sa religion aurait été faite avant même le procès et renforcée par l’étude qu’il avait pu faire, seul parmi les juges, du dossier. Il vota bien sûr la condamnation et tiendra à montrer par la suite à Jouaust et Bréon, qui avaient voté l’acquittement, son désaccord, ne « salu[ant] plus » Jouaust « et le tois[ant] s’il le rencontr[ait] dans la rue » et refusant de « traiter comme son supérieur » Bréon et « ne le saluant pas » (Barrès dans Mes cahiers. 1896-1923, Paris, Plon, 1994, p. 142-143). Que signifie alors l’attitude qui sera la sienne avec Demange, et qui le fera considérer par Mathieu Dreyfus comme « un fourbe », qui apprendra plus tard qu’il avait dit qu’il avait « demandé qu’on infligeât à Dreyfus le maximum de la peine » et qui, pourtant, avant la lecture publique du jugement, était venu voir l’avocat, « la figure en apparence bouleversée par la douleur, les larmes dans les yeux, et lui avait serré chaudement les mains » (Mathieu, p. 367, 371 et 364-365) ?
Ce grand ami de Georges Larpent (Larpent, « Origine d’une amitié », L’Action française, 7 janvier 1937), sera nommé commandant en 1906.

Sources et bibliographie : à son sujet, on consultera son dossier militaire au SHD sous la cote 6 Yf 82749 et son dossier de la Légion d’honneur sous la cote : LH/158/37.

Philippe Oriol

Musée de Bretagne

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