Karl Appuhn

Appuhn, Charles, Albert dit Karl, enseignant français, né à Alexandrie (Egypte) le 17 avril 1862*, date et lieu de décès inconnus.

Son père était hanovrien et sa mère française. Il fut naturalisé français en 1889. Bachelier en 1879, il fit successivement ses études secondaires au lycée de Marseille, en Suisse et au lycée Charlemagne. D’abord licencié en mathématiques en 1882, il bifurqua vers la philosophie à la Sorbonne. Sa mère étant devenue veuve et sans ressources, il paya ses études en travaillant comme précepteur dans une riche famille russe habitant Auteuil. Sa naturalisation lui permit d’obtenir une bourse d’agrégation pour mieux préparer ce concours où il fut reçu huitième en 1890.
Son premier poste le conduisit à La Réunion, au lycée de Saint-Denis. Revenu en métropole en 1892, il fut affecté dans le Midi à Tournon, puis en Avignon où il fonda la section de la Ligue des droits de l’homme du Vaucluse, section qu’il présida en 1899 et 1900. Il signa la pétition en faveur de Picquart en novembre 1898 (3e liste). Il fut également secrétaire de l’Université Populaire d’Avignon, dès sa fondation.
En octobre 1900, il obtint sa mutation pour Orléans où il poursuivit son action militante au sein de l’Université Populaire et de la LDH du Loiret (dont il fut le président en 1904 et 1905). Il souscrivit au monument Zola en octobre 1902.
Au cours de l’année scolaire 1903-1904, des notables orléanais lui reprochèrent d’avoir un enseignement de la philosophie « en contradiction avec la morale religieuse » (Appuhn était athée et libre penseur) et d’avoir « parlé positivement de l’union libre ». Le Recteur et l’Inspecteur d’Académie le défendirent, estimant qu’il était victime d’une « cabale », de « bruits calomnieux » et d’« interprétations inexactes ».
Il quitta Orléans en 1909 pour retrouver sa ville natale Alexandrie où il enseigna au lycée français durant quatre années. Puis, le lycée de Reims fut une étape (1913-1917) avant de retrouver la capitale, au Lycée Saint-Louis (1917-1924) et enfin au lycée Henri iv, sa dernière affectation avant sa retraite en 1927.
Sa carrière ininterrompue de professeur de lycée ne l’empêcha pas de publier une vingtaine d’ouvrages. Grand spécialiste de Cicéron et de Spinoza, il fut pour chacun d’entre eux, le traducteur et le commentateur de leurs œuvres complètes. Ses origines paternelles germaniques l’amenèrent à écrire un livre sur l’histoire de Guillaume ii (coauteur avec Pierre Renouvin) et surtout, en novembre 1933, à présenter un Hitler par lui-même, d’après son livre Mein Kampf (aux éditions Haumont). Il collabora régulièrement au bulletin de la « Société française de Philosophie ».
Ses origines et son universalisme l’amenèrent à s’engager pour la défense des droits de l’Homme, et pour Dreyfus plus particulièrement.

Sources et bibliographie : dossier de fonctionnaire de Karl Appuhn, AN, F/17/23886/B. Archives de la Ligue des droits de l’homme du Loiret (aux A.D du Loiret). Dossier de la Légion d’honneur : 19800035/757/85808.

Georges Joumas

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