Léon Hennique

Hennique, Hubert, Florimond, Antoine, Léon, écrivain français, né à Basse-Terre (Guadeloupe) le 4 novembre 1850, décédé à Paris le 25 décembre 1935.

Il débuta en littérature, après des études de droit abandonnées, en 1876 dans L’Ordre et dans La République des Lettres, où il se lia avec Huysmans et Alexis. Ayant rencontré Zola, sur lequel il fera une conférence en janvier 1877, il fit sien le Naturalisme et le mit en pratique, dès l’année suivante, avec son premier roman : La Dévouée. Il publia ensuite, dans la même veine (à de très rares exceptions près), quelques romans (Elisabeth Couronneau, 1879 ; Les Hauts faits de M. de Ponthau, 1880 ; L’Accident de Monsieur Hébert, 1884 (dédié à Zola) ; Un caractère, 1889), des nouvelles (« L’Affaire du Grand 7 » dans Les Soirées de Médan, 1880 ; Deux nouvelles, 1881 ; Pœuf, 1887) et fit représenter de nombreuses pièces de théâtre (une « pantomime naturaliste », Pierrot sceptique, 1881, puis Jacques Damour, 1887 ; Esther Brandès, 1887 ; La Mort du Duc d’Enghien, 1888 ; Amour, 1890 ; La Menteuse (avec Alphonse Daudet), 1892 (publié en 1895) ; L’Argent d’autrui, 1893 (publié en 1894) ; Deux patries, 1895).
Au moment de « J’Accuse… ! » le fidèle Hennique écrira à Zola pour lui dire que s’il n’avait « aucune conviction sur l’affaire Dreyfus », il n’en admirait pas moins « de tout mon cœur et de tout mon esprit, […] votre foi et votre courage ». Peu après, pourtant, il écrira à l’antidreyfusard Céard pour l’assurer qu’il était « en effet diamétralement opposé à notre vieux Sixte-Quint et je m’en honore… Et dire que par sentimentalité bête, je me suis encore permis de lui écrire, de presque le féliciter de son courage… Enfin, et pour me punir je vais chaque jour manifester au Palais, et j’irai jusqu’au bout, jusqu’à ce qu’on ait fait taire la bande cosmopolite. Vive l’État-Major ! Vive l’Armée ! À bas les traîtres ! ».
Par la suite, et logiquement, Hennique adhéra à la Ligue de la patrie française (2e liste).
Hennique publia encore, un roman, Minnie Brandon (1899) et fit jouer quelques pièces, mais il s’occupait surtout, depuis 1896, de donner suite au testament d’Edmond de Goncourt dont il était, avec Daudet, l’exécuteur testamentaire et le légataire universel. En 1903, fut enfin constituée l’Académie Goncourt dont, à la mort de Huysmans, en 1907, il deviendra président.

Sources et bibliographie : Sources et bibliographie : la lettre à Zola se trouve à la BNF sous la cote n.a.fr. 24520 (microfilm 2252), f. 168. L’extrait de celle à Céard est extraite d’Alain Pagès, Émile Zola un intellectuel dans l’affaire Dreyfus, Paris, Librairie Séguier, 1991, p. 247. Sur Hennique on se reportera au dossier de Jean de Palacio, Les Cahiers Naturalistes, no 71, 1997. 

Philippe Oriol

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *