Victor Bérard

Bérard, Victor, helléniste, diplomate et homme politique français né à Morez (Jura) le 10 août 1864*, décédé à Paris le 13 novembre 1931.

Normalien, docteur ès-lettres, agrégé d’histoire et de géographie, membre de l’École française d’Athènes, auteur de nombreux ouvrages dont une essentielle traduction de l’Odyssée, maître de conférences à la Sorbonne et à l’École pratique des Hautes études, examinateur à Normale, professeur à l’École supérieure de Marine, Bérard, auquel Herr avait pensé dès décembre 1897 comme possible signataire du premier projet de protestation (voir Dreyfus.culture.fr), signa la première protestation de janvier 1898. Une signature qui lui vaudra une lettre de l’amiral Roustan, lui reprochant « d’avoir pris part à une manifestation que lui interdisait sa situation officielle dans une institution militaire » (« L’affaire Dreyfus », Gil Blas, 3 février 1898). Ainsi s’explique en effet qu’après des « appréciations annuelles […] dithyrambiques » son dossier de la Marine signale pour l’année 1898 « “un caractère très indépendant”, et que si “la valeur intellectuelle de Monsieur Bérard est peu contestable, la rectitude de son jugement l’est beaucoup moins” ». Il démissionnera finalement en 1900 « pour raison de famille » (Étienne et Reine-Marie Bérard*). Il sera sénateur du Jura de 1920 à 1931. Notons que dans leur quête du fait nouveau, les proches de Dreyfus avait pensé pouvoir lui demander d’approcher Bertin-Mourot et de le faire parler. « C’est un homme très sûr, écrira Monod à Dreyfus, mais je ne crois pas qu’il soit prêt à confesser Bertin » (lettre du 22 avril 1902, Musée de Bretagne).

Sources et bibliographie : on pourra consulter son dossier de la Légion d’honneur sous la cote : LH/184/54. On lira aussi Perrine Simon-Nahum, « Ulysse chez les dreyfusards. Victor Bérard et l’affaire Dreyfus » et Étienne Bérard et Reine-Marie Bérard, « Victor Bérard en héritage », dans Sophie Basch (dir.), Portraits de Victor Bérard, Athènes, École française d’Athènes, Mondes méditerranée et balkaniques 6, 2015, p. 255-265 et 11-39. Les appréciations de son dossier, citées par Étienne et Reine-Marie Bérard sont conservées au SHD-Marine sous la cote : CC7 4e moderne, carton 186, dossier 3.

Philippe Oriol

Wikipédia

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