Camille Bazille

Bazille, Justin, Anatole, Camille, avocat et homme politique français, né à Poitiers (Vienne) le 1er mai 1854*, décédé à Paris le 1er février 1900.

Docteur en droit, inscrit au barreau de Poitiers (1875) puis à celui de Paris (1878), avocat au Conseil d’État puis à la Cour de cassation en 1882, conseiller général de la Vienne depuis 1883, il fut élu député en 1892. Le 16 novembre 1897, Bazille écrivit à Scheurer-Kestner pour l’informer qu’il comptait « poser aujourd’hui au ministre une question sur l’affaire Dreyfus » et qu’il ne voulait « cependant pas le faire sans savoir si cette intervention [le] gênera[it] » (BNF n.a.fr. 23819, f. 238). Pressé par ses amis politiques de ne pas prendre la parole (XXX, « L’affaire Dreyfus », Le Figaro, 17 novembre), Bazille qui, comme le notera Scheurer-Kestner, « cherchait à ce moment une occasion de se produire » (BNF n.a.fr. 23819, f. 239) se répandra alors dans la presse en interview, expliquant dans un premier temps qu’Esterhazy était venu le consulter pour savoir quelle attitude il devait adopter (ibid.) et dans un second qu’il était allé voir le ministre Billot pour lui demander de diligenter son enquête (XXX, « L’affaire Dreyfus », Le Figaro, 18 novembre). Devenu le « lion du jour », il fut démenti par le ministre qui affirma ne l’avoir jamais reçu. Mis alors en demeure de savoir si oui ou non il avait rendu visite à Billot, il tenta de s’en sortir en expliquant que le secret professionnel l’empêchait de répondre (Paul Bosq, « autour des Chambres », Le Figaro, 19 novembre).
Ce « républicain indépendant », membre à la Chambre du groupe radical  et dont beaucoup de radicaux ne voulaient pas (voir Lucien Victor-Meunier, « Le parti radical », Le Rappel, 29 septembre 1899), officier d’artillerie de l’armée territoriale, qui avait été, le 10 janvier 1895, quelques jours après la dégradation de Dreyfus, des 158 députés qui avaient voté la demande d’urgence, rejetée par la Chambre, en faveur de la proposition de loi antisémite de Pontbriand visant à interdire à ceux qui n’étaient pas Français ou nés de parents naturalisés Français depuis trois générations d’être admis dans l’administration, l’armée ou la marine ou à faire partie d’une assemblée élective (Journal officiel, débats parlementaires, Chambre des députés, 11 janvier 1895, p. 16), pouvait, en cette fin de 1897, affirmer, « après une étude approfondie de la question », la culpabilité de Dreyfus et l’existence de très nombreux complices (XXX, « L’affaire Dreyfus », Le Figaro, 18 novembre). Demeurant fidèle à sa ligne, il vota, le 4 décembre 1897, le respect de la chose jugée et s’associa à l’hommage rendu à l’armée (ordre du jour Lavertujon) ainsi que celui Habert et Richard « flétri[ssan]t les meneurs de la campagne odieuse entreprise pour troubler la conscience publique », s’abstint sur la demande de poursuites après « J’Accuse… ! » (ordre du jour de Mun), vota l’affichage du discours de Cavaignac, la loi de dessaisissement, condamna les incidents d’Auteuil et, avec ses amis, l’affichage de l’arrêt de la Cour de cassation (ordre du jour Sembat).

Sources et bibliographie : on pourra consulter son dossier de la Légion d’honneur sous la cote : LH/151/9.

Philippe Oriol

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