Philippe Berger

Berger, Philippe, théologien et homme politique français, né à Beaucourt (Alsace) le 15 septembre 1846*, décédé à Paris le 24 mars 1912.

Étudiant, à partir de 1867, à la Faculté de théologie protestante de Strasbourg, spécialiste de l’étude de l’hébreu et protégé de Renan dont il sera le secrétaire, il soutint sa thèse en 1873. Nommé, cette même année, bibliothécaire adjoint de l’Institut, il fut promu bibliothécaire en chef l’année suivante. Titulaire de la chaire d’hébreu de la Faculté de théologie protestante de Paris (1877), il collabora à la publication du Corpus inscriptionum semiticarum, qu’il dirigera à partir de 1892. Membre de l’Académie des inscriptions et Belles-lettres (1892), il succédera à Renan au Collège de France (1893) où il prendra en charge la chaire d’hébreu.
Conseiller général du canton de Giromagny (Territoire de Belfort) depuis 1895, Berger sera, en 1899, membre du comité pour élever un monument à Scheurer-Kestner, manière de donner, affirma-t-il dans une lettre au Siècle, « une marque de respect à la mémoire de Scheurer-Kestner, et d’admiration pour sa conduite […] » (« Monument à Scheurer-Kestner », Le Siècle, 3 octobre 1899).
Élu sénateur du Territoire de Belfort en 1904, il votera, en toute logique, en 1906, la réintégration de Dreyfus et celle de Picquart, le projet relatif au transfert des cendres de Zola au Panthéon (proposition de loi Breton) et celui relatif à l’érection, au Sénat, des statues de Scheurer et Trarieux (résolution Monis), dernier projet qu’il vint soutenir en rendant hommage en une courte allocution au « grand citoyen que nous sommes fiers d’avoir eu comme compatriote et qui n’a pas craint de sacrifier son repos, sa santé, tous ses honneurs, la haute place qu’il occupait au Sénat, tout ce qu’il avait de plus cher, pour la défense de la justice et de la vérité » (Journal officiel, Débats parlementaires, Sénat, 13 juillet 1906, p. 808. Repris dans Cassation II. V, tome 2 p. 504). Il fut enfin, au moment où Dreyfus tentait de faire réparer la mauvais calcul fait de son ancienneté au jour de sa réhabilitation, un de ces quelques sénateurs acquis à la cause et prêt à la défendre à la tribune (lettre de Reinach à Dreyfus, s.d., Musée de Bretagne).

Sources et bibliographie : on consultera son dossier de la Légion d’honneur sous la cote : LH/188/54.

Philippe Oriol

BU Sorbonne

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