Commandant Jean Baptiste Angelini

Angelini, Jean, Baptiste, militaire et homme politique français, né à Giuncaggio (Corse) le 21 mai 1839*, décédé à Bar-le-Duc (Meuse) le 25 mars 1905*.

Engagé volontaire en mars 1887, sergent d’infanterie en 1860, sergent-major en 1861, sous-lieutenant en 1867, lieutenant en 1870, capitaine en 1875, commandant en 1891, Angelini était retraité depuis novembre 1887. Nous ne savons pas ce fut sa vie jusqu’à 1898 si ce n’est qu’il habitait à Bar-le-Duc et qu’il y fut candidat de dernière minute aux législatives de mai 1898. Il fonda pour l’occasion L’Union libérale et Patriotique de l’Arrondissement de Bar-le-Duc, se présenta sur un programme essentiellement centré sur l’Affaire dans lequel il proclamait que voter pour lui était voter « pour notre vaillante armée si lâchement attaquée par des traîtres et si mal défendue par ceux qui avaient mission de le faire ». Il promettait de lutter « contre les agiotages et les accaparements criminels de la juiverie cosmopolite que tolère un gouvernement sans vigueur et sans scrupules » (reproduite dans L’Union libérale du 7 mai et dans La Croix meusienne et Le Républicain de l’Est du 8). Dans son Union libérale, il expliqua plus précisément la nature de sa candidature :

Les anciens partis opportuniste et radical sont finis, et c’est juste, car ils ont placé la France sous le joug d’Israël : l’affaire Zola-Dreyfus et tout outrage à l’armée eussent été impossibles avec d’autres gouvernants. Il faut que dans l’arrondissement de Bar-le-Duc il surgisse un candidat carrément opposé à la politique judéo-maçonnique qui nous perd et nous déshonore.  Je suis cet homme-là et ne m’en cache pas.  […] Militaire, je défendrai l’armée, je voterai des lois sévères contre les insulteurs ; Français, tous mes actes et mes votes tendront à arracher notre bien-aimée patrie aux juifs étrangers et pillards dont la puissance est si grande chez nous à l’heure actuelle » (« L’Union libérale et Patriotique de l’Arrondissement de Bar-le-Duc », L’Union libérale, 7 mai).

Candidat de La Croix meusienne et de L’Écho de l’Est, il fut battu, rassemblant tout de même 2 832 voix sur 17 651 votants. Remerciant ses électeurs, il se garda bien d’appeler à voter au second tour pour Ferrette mais engagea ses électeurs à concourir avec lui à « l’irrémédiable défaite » de « l’opportunisme judéo-maçonnique », autrement dit à ne pas laisser élire le « dreyfusard » Develle (« Aux électeurs », L’Écho de l’Est, 21 mai). Nous perdons par la suite toute trace de lui.

Sources et bibliographie : À son sujet, on consultera son dossier de la Légion d’honneur sous la cote : LH/38/25.

Philippe Oriol

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