Albert Baduel

Baduel, Jean, Baptiste, Joseph, Albert, avocat homme politique français, né à Saint-Flour (Cantal) le 25 avril 1844*, décédé à Paris, le 11 mars 1907.

Licencié en droit en 1869, il se fit inscrire au Barreau de Saint-Flour et fut, en 1871, élu conseiller municipal de Saint-Flour, puis adjoint au maire en 1875. Après avoir été révoqué en 1877, il retrouva son siège en janvier 1878. Magistrat, franc-maçon (Dictionnaire des FM, p. 100), il débuta comme juge au tribunal civil de Saint-Flour (1879) puis, en 1883, fut nommé président du tribunal civil de Thiers. Conseiller à la Cour d’appel de Riom en 1891, il se présenta, peu après sa nomination, aux sénatoriales dans le Cantal. Élu, ce « républicain démocrate » s’inscrivit au groupe de la Gauche démocratique.
Après l’acquittement d’Esterhazy, interviewé par La Libre Parole, il fit part de sa satisfaction : « il y a longtemps que je dis et répète que Dreyfus a été condamné régulièrement. / Je ne reproche qu’une chose au premier conseil de guerre : il n’a pas été assez sévère » (« L’affaire Dreyfus et le Parlement », 12 janvier 1898). De même, quelques jours plus tard, quelques journaux ayant affirmé qu’il avait voté pour Scheurer-Kestner qui se représentait à la vice-présidence du Sénat, il tint à apporter une rectification : « le profond respect qu’il a pour l’armée, dont il a fait partie, lui défendait un vote semblable » (« L’après-midi », La Presse, 15 janvier). Pendant la campagne pour les législatives de mai suivant, il soutint l’antidreyfusard et antisémite Hugon dans le Cantal et, quelques mois plus tard, qualifia d’« aberration mentale » la conduite de Trarieux après la lettre qu’il avait envoyée à Sarrien à l’annonce des poursuites à venir contre Picquart, lettre qui l’informait qu’il avait offert au défenseur de Dreyfus l’asile et que c’est chez lui qu’il faudrait venir l’arrêter (« Dernière heure », La Presse, 14 juillet).
Et si, après avoir, en juillet, conseillé à Cavaignac l’arrestation de Trarieux (Reinach, II, p. 30), il pouvait, en octobre, affirmer, lors d’un banquet démocratique qui s’était tenu dans son Cantal natal, qu’il avait « accepté la révision du procès Dreyfus le jour où le colonel Henry a avoué son faux » et qu’il avait pleine confiance en la Cour de cassation » (« La Révision », L’Aurore, 15 octobre), il vota la loi de dessaisissement demandant même, en tant que membre de la commission d’initiative parlementaire du Sénat, que sur le cas Dreyfus la Chambre criminelle ne pût concourir à l’arrêt « puisque, après un premier examen, ils ont rendu un arrêt de recevabilité et, par conséquent, formulé déjà une opinion » (La Liberté, 19 janvier 1899). Par la suite, s’il condamna les incidents d’Auteuil, il vint soutenir son ami Dujardin-Beaumetz en confirmant que des « offres d’argent » avaient été faites au parti radical à l’occasion des dernières élections « par les défenseurs de Dreyfus » (« Le nouveau ministère », Le Journal, 24 juin 1899). Enfin, celui qui appelait lors du banquet évoqué à « liquider cette affaire », vota en toute évidence l’amnistie.
Battu au renouvellement du 4 janvier 1903, il réintégra la magistrature, dont il avait démissionné en 1891, en qualité de juge de paix à Levallois-Perret. 

Sources et bibliographie : on consultera aussi sa fiche de carrière au CAC sous la cote : 20030033/20 ; son dossier de magistrat au CARAN sous la cote : BB/8/1738.

Philippe Oriol

 

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