Henri Aron

Aron, Henri, Charles, commerçant et homme politique français, né à Strasbourg le 14 mars 1829*, décédé à Paris le 5 mars 1913.

Neveu du grand rabbin de Strasbourg Arnaud Aron, ce commerçant aisé opta pour la France en 1871 après l’annexion de l’Alsace par l’Allemagne. Patriote convaincu, il participa à de nombreuses organisations d’Alsaciens-Lorrains et fidèle à ses convictions religieuses, il rejoignit le rang des notables consistoriaux de Paris puis en 1897 ceux du Consistoire central des Israélites de France aux côtés d’Alphonse de Rothschild, de David Masse et d’Eugène Manuel. Maire adjoint de la mairie du 2e arrondissement, il prit connaissance très tôt du mouvement antisémitique dans la capitale et, en tant qu’Alsacien et républicain, il douta de la culpabilité du capitaine Dreyfus dès 1894. Aussi, dès janvier 1895, il fit partie du Comité de défense contre l’antisémitisme suggéré par le grand rabbin de France Zadoc Kahn et l’ancien préfet Isaïe Levaillant. Les objectifs de la discrète organisation étaient de « lutter contre l’antisémitisme sous toutes ses formes et dans toutes ses incarnations, soit qu’il se présentât à visage découvert, soit qu’il empruntât le masque du nationalisme… » Son engagement communautaire fut alors critiqué par les membres du conseil municipal de Paris et par la presse antisémite en 1898. Au Consistoire central, au moment où l’agitation antisémite était la plus violente, il préconisa toujours la retenue et préféra les discrètes interventions auprès du gouvernement comme le souhaitait d’ailleurs Alphonse de Rothschild. L’affaire Dreyfus enfin close, il se consacra à la réorganisation consistoriale une fois la loi de Séparation des Églises et de l’État votée.

Sources et bibliographie : quelques informations mentionnent ses activités dans les procès-verbaux du Consistoire central (série l.B). On pourra consulter son dossier de la Légion d’honneur : LH/56/75. Voir aussi Michaël-R. Marrus, Les Juifs de France à l’époque de l’affaire Dreyfus, Calmann-Lévy, 1972 ; L’Univers israélite du 5 février 1902 ; et Les Archives israélites du 13 mars 1913.

Philippe-E. Landau

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *