Alavène

Alavène, M. d’, dates inconnues.

Nous ne savons que peu de choses d’Alavène, si ce n’est qu’il était un ancien fonctionnaire politique au ministère de l’Intérieur et qu’il fut le principal informateur de Numa Gilly pour ses dossiers.
Alavène, « Vrai Français de France » (p. 6), est l’auteur d’une plaquette intitulée : Un brelan de gredins et Lettre ouverte au Sieur Édouard Drumont (Londres, Roberts, Gastiane et Cie, 1899), très violent pamphlet contre Drumont, Meyer, Rochefort et Judet (inconnu de Desachy et Lipschutz). Il semble que cette brochure soit en partie la reprise d’une édition plus ancienne, datée de 1895 et que nous n’avons pu retrouver. Une lettre qu’il adressera de Londres à Lucie Dreyfus le 17 janvier 1895 pourrait le laisser supposer : 

C’est un chrétien, un catholique, convaincu de l’innocence du capitaine Alfred Dreyfus, qui prend, aujourd’hui, la liberté de vous exposer, très respectueusement, les faits suivants :
J’ai, déjà, en 1895, dans une violente brochure démasqué toute la duplicité du sieur Édouard Drumont et infligé, à cet odieux sectaire, les plus rudes étrivières.
Dans quelques jours, je ferai rentrer sous terre l’ignoble Rochefort, sur qui je possède des notes accablantes, jusqu’ici inédites, se rapportant aux faits les plus honteux. 

À la suite, de cette lettre, un peu exalté, il annonçait la prochaine exécution de « la plupart des hommes politiques » et informait Lucie Dreyfus des informations qu’il avait pu recueillir au sujet de l’embauchage, en Angleterre, de « gens tarés » rassemblés pour venir à Paris « susciter des troubles, comme meneurs, et pousser probablement à des actes de violence contre les Juifs » (Musée de Bretagne). 

Philippe Oriol

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