Anonyme

L’Association typographique, à Lyon, publia anonymement, en 1899, une petite plaquette intitulée : Les Étapes d’une conscience. 

En sept pages datées du 15 mars 1899, l’auteur anonyme expliquait comment, petit à petit, à partir de « J’Accuse… ! », il avait été convaincu de l’innocence de Dreyfus et avait remis en question ses préjugés :

L’affaire a été comme un creuset où se sont épurés mes sentiments ; j’étais plein de préjugés bourgeois, d’un antisémitisme maladif, j’ai compris que ceux qui souffrent sont frères, qu’on ne doit haïr que les exploiteurs et ceux-là sont de toutes les religions.
D’essence plutôt réactionnaire et catholique, je me trouve dans le camp des athées, des révolutionnaires, car le droit de l’individu est au-dessus de tout, au-dessus des formes politiques et sociales, au-dessus de la religion, au-dessus de la patrie !
Je rougis de mon intolérance, comprends qu’il faut aimer et instruire ceux qui sont faibles. J’ai ouvert mon cœur au dogme de la solidarité humaine.
Et sur les ruines de mes croyances et de mes amitiés anciennes, j’élève en mon âme un autel à la Justice ! (p. 7).

Philippe Oriol

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