Colonel Léon Abria

Abria, Léon, Martin, militaire français, né à Valenciennes le 10 juin 1838*, décédé à Bastia le 6 janvier 1909*.

Engagé en 1855, sergent de chasseurs en 1857, il fit les campagnes d’Afrique et d’Italie. Lieutenant dans l’infanterie en 1867, capitaine en 1870, il fut fait prisonnier en Prusse lors de la guerre de 1870 et resta prisonnier pendant 8 mois. Élève au Prytanée militaire en 1874, chef de bataillon en 1879, lieutenant-colonel en 1888, il était colonel depuis 1891, commandait le 74e régiment d’infanterie et avait sous ses ordres Esterhazy. Cest à ce titre que le commandant Curé conseilla à Picquart, quand il répondit à sa convocation en avril 1896, de se tourner vers lui pour obtenir les spécimens d’écritures qu’il lui demandait. Picquart ne voulant pas attirer l’attention sur son enquête et sur l’homme qu’il suspectait, ne le fit alors pas mais le fera le 4 septembre suivant quand le ministre Billot lui en donna l’autorisation. Picquart rendit pour cela visite à Abria et lui demanda aussi quelques renseignements sur Esterhazy et sur les soldats qui avaient pu lui servir de secrétaire. Abria lui donna ces renseignements et lui fournit aussi quelques spécimens de l’écriture d’Esterhazy.
Le 15 octobre 1898 (il avait été promu au grade de général en juillet de l’année précédente), Abria sera appelé à déposer lors de l’instruction Tavernier ouverte contre Picquart au sujet de cette visite.
En 1901, après avoir lu le premier volume de l’Histoire de l’affaire Dreyfus, il écrira à Reinach pour contester une affirmation du premier historien de l’Affaire : il n’avait pas « reconnu, au sens propre de ce mot, l’écriture du cmt Esterhazy dans celle du fac-similé du bordereau publié par “le Matin” en 1896, mais [il avait] trouvé (ce que Esterhazy lui-même, au dire des journaux, avait constaté) une assez grande ressemblance entre ces deux écritures ».

Sources et bibliographie : sa déposition lors de l’instruction Tavernier se trouve dans AN BB19 83 ; sa lettre à Reinach se trouve dans BNF n.a.fr. 13571, f. 5. À son sujet, on consultera son dossier militaire conservé au SHD sous la cote 10 Yd 677 ; son dossier de la Légion d’honneur sous la cote : LH/4/40. On lira aussi Oriol, p. 292 et 322

Philippe Oriol

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